j'écoutais l'autre jour une émission spéciale sur une radio de service public où l'on exhumait des archives sonores d'il y a 40 ans. Retour à mon adolescence, sentiment très intense d'un moment de
l'histoire où le personnel se noie dans le collectif, où l'ivresse devient sociale et l'espoir nous relie à l'humain. On se sent vivre dans la parole des autres, on touche sa condition humaine.
Puis le retour au présent comme une grande claque où le collectif est devenu le chacun pour soi, où l'on voudrait nous faire croire que ces temps-là étaient ceux révolus de l'utopie et qu'il
faudrait désormais se plier aux exigences de la réalité historique et économique. Ca m'a donné envie de prendre les armes, de me baaderiser et de faire taire par la violence ces suffisants donneurs
de leçons, briseurs de rêve. Pauvres types pour qui l'action n'a de sens que dans un portefeuille. L'utopie est nécessaire à la liberté, sans elle nous ne connaîtrions ni le droit de renverser les
tyrans ni celui de prétendre à l'universelle égalité.
mai 08