Je n'ai pas cessé d'embrasser
du bois rugueux et tendre
l'écharpe écorce de nos vies
le vent joueur au cent refrains
sur la peau de nos feuilles pleines.
Pas encore retiré mes lèvres
des multiples palpitations colorées
pleines de sève de suc et d'or
dans les chevelures claires du printemps
épaisses comme des promesses d'amants.
Ni fatigué des caresses sucrées
liquides, lentes de nos regards profonds
aux pierres sobres touffues comme le ciel
éternel de la nuit éclatante.
Face contre terre, les yeux tournés vers
l'infini, plantés dans la frontière
incertaine de la respiration de l'humus
jamais je ne cesserai d'embrasser.
mars 84