...le temps qui me reste à vivre, qui me sépare de l'enchantement qui me rendra insensible à la blessure. Temps de l'attente douloureuse qui s'étire et déchire l'autre blessé. L'attente en soi est vide, ce sont toutes les vapeurs verbales qui l'emplissent qui la rendent effrayante. Infernal besoin de certitudes, comme si le fait d'être là permettait de savoir où on est. L'attente a besoin de mots pour meubler son immobilité, car on a horreur de l'immobile, comme un avant-goût de la mort. Il faut savoir le corps et l'être en mouvement. Temps de ceci, temps de celà, temps pour ceci et temps pour tout, des cerises, d'aimer, du muguet, temps de vivre sa vie de chien, temps de parole, tant de temps...
été 90