écart, écrire dans la marge, marcher dans le caniveau, où coule le hasard des souillures, éructation du sol au sol, retour à la terre, à la source, laisser le verbe dériver vers l'ailleurs, l'incontrôlé, sans lignes, comme les bateaux de notre enfance en écorce creusée, pleins de nos rêves, gonflés de voiles imaginaires et soufflés vers l'inconnu, l'interdit de la bouche où se perdent les fleuves de la rue qui s'appelait l'enfance.
écart, faire un pas de côté pour éviter la corde et tracer de la chute un envers, comme les filles qu'on ne regardait pas danser leurs sauts rimés, dans les battements d'air de leurs bras mécaniques, et qui tournaient et qui tournaient, au rythme de leurs couettes qui balançaient, qui balançaient, petites cordelettes tenues, graciles et fines hampes de blé dans la lumière.
accord, mineur écartelant la nuit d'une main lente et ferme, conduite vers le souvenir, caresse, touche effleurée d'ivoire, explosion chromatique que seul l'aveuglement perçoit, comme une vague intérieure de doubles crochets au coeur, aux tripes, au tripot où la fumée volute et le plaisir se cache, encore.
novembre 2007