j'ai découvert cette écriture penchée et
régulière de mon arrière grand-mère, faite de pleins et de déliés à l'ancienne, une écriture d'institutrice qu'elle n'était pas, dans un cahier de recettes d'un autre temps, où les
merveilles sucrées et les délices à la crème s'accumulaient dans une profusion exubérante et insouciante d'avant guerre. On y peut lire l'histoire, celle de cette femme dont l'écriture devient un
peu tremblante au fil des ans, mais aussi celle du siècle, avec les biscuits de guerre, la fausse mayonnaise.
au-delà des anecdotes, des instants, j'y vois un message pour ma fille, sur la transmission, le lien entre ses aïeux graveurs, barbouilleurs, et le vivant de la plume, de la mémoire du trait, de
la trace. C'était il y a cent ans, un siècle, avant que d'autres ancêtres ne viennent d'Amérique du sud se faire exploser dans les tranchées de l'est, et écrire une histoire avec leur sang.
du sang à l'encre, de l'encre au sang, il reste la même trace, la même veine, une inscription dans l'histoire de la famille des hommes.
février 08