la nuit j'mennuie, la nuit je bois, la nuit je vois, la nuit je vis, la nuit descend là dans ma veine comme un voyage articulé, la nuit j'égrenne des syllabes, des bulles, des litanies en
comprimés, qui me remontent depuis l'enfance, explosant sur la toile étoilée que tes yeux fermés dessinent d'un trait filial, si fidèle ourlé de silence, comme si le corps faisait matière en
nous réunissant jusqu'au jour qui va naître.
avril 08
(gravure Ann Loubert)