Offrande blanche, soyeuse, découverte de soie, ou promesse de satin, un cou se penche, Eros lâche un vent, penchant vers l’infidèle un carquois moqueur, plein de flèches brisées et de sourires trompeurs. On dirait qu’à l’envie l’oiselle tend les fesses...
Un soir que j’arpentai la noirceur d’une ruelle louche, où des yeux sans visage glissent sous la cretonne de rideaux tirés, je vis comme une silhouette qui m’invitait à suivre sa fuite leste vers le port. J’emmanchai d’un bon pas une funeste rencontre,...
Le verbe haut à la coulée, à la r’battée comme on y allait, bras dessus bras dessous ça défilait et les fillettes alignées. Le bois cerclé dans une orbe savante prenait la tangente sous les paroles d’anciens avant de s’immobiliser en des oh, des chuchotements...
Te souviens-tu mon frère d’un soir d’hiver il y a cent ans, un soir d’école presque buissonnière, de sol gelé luisant comme une lame noire ? Les crampons sous nos chaussures nous donnaient l’illusion que nous étions des alpinistes de plaine, et le fleuve...
Le bol est dodu, solide, rassurant. Avec ou sans oreilles, on le prend à pleines mains, faisant corps à la table. Bol honnête, on l’approche en entier de la bouche, on y plonge le nez. On le pénètre, on l’élève et ce faisant on hume les senteurs et fumées...
Sous le pommier penché, une assemblée de merles. Plumages gonflés d’hiver, certains sautillent, d’autres immobiles se gorgent de soleil. Certains semblent danser et s’élèvent en l’air, plastron contre plumage avant de retomber et s’éparpiller alentour....
Your porcelaine eyes looking at the skies purple rivulets of bloated anger tell stories of atrocious wastelands in nowhere now for ravens to pick. They, like hovering scavengers edge flying by the memories of your moves. Pinching winds scatter folded...
Andalouse clarté, grappes de notes sur la rauqueur du souvenir. Tu chantes encore, ta cigarette, et ton saxo, sans vibrato, nu sous la peau et les rides de ton sourire. Un jour je t’ai croisé, t’en souviens-tu ? Tu achetais du miel sur un étal Saumurois,...
Y’a une p’tite fleur qui pousse boulevard des allongés, et y paraît qu’le soir, le soir au fond du tard, cette fleur tu peux la voir. Y’a des flammes qui dansent boulevard des allongés, des sarabandes et des gigues, et y paraît qu’le soir, quand il fait...
Sous ta jupe y’a le printemps et des mecs en goguette qui reluquent ton cul à s’dévisser la tête. Sous ta jupe y’a des rêves, la caresse du vent, l’espoir d’un ailleurs, comme un parfum d’Espagne. Sous ta jupe y’a la mort, y’a le bien, y’a le mal, et...
Pas de parole sans silence, de souffle sans résistance de l’air. Du frottement naît la voix, jetée contre l’espace, le vide qui s’informe. Portée vers un ailleurs, métaphore, interstice du désir de voir le monde se colorer, les pierres devenir liquides...
Etre de son temps, ou être d’époque, c'est-à-dire déjà d’un temps fini, pensé, articulé dans le verbal primitif, celui de la survie, de la fuite ? Être contemporain, participer sans le savoir au mouvement inconscient, à l’énergie inarticulée qui tient...
C’était au temps où l’irrévérence avait de la classe et la colère du mordant… Qui sommes-nous, ou que sommes-nous devenus pour accepter sans sourciller cette inhumanité dont nos politiques s’enorgueillissent ? Je ne dis pas hommes, car ce n’en sont pas....
Nous étions allongés dans l’herbe haute à regarder les nuages conter des histoires improbables. Nous fumions en riant, brins d’herbe au coin des lèvres, nos rires se mêlant au vent qui berçait le rupt. La montagne était belle, apaisante, horizon de granit,...
Alors que nous traversions la rivière serpent, à mi gué un déluge de mitraille s’abattit sur nos têtes ; les balles ricochant sifflaient dans la clarté et nous ne savions pas si plonger ou courir avait pouvoir de vie. Ceux qui tombèrent se souviennent...
Ce qui m’attire dans le fragment, c’est qu’il invite au voyage, au rêve, attirant la pensée vers le dehors non écrit, reliant le petit fini au grand infini, tout en donnant une immense sensation de liberté. Car même si la proposition fragmentaire pose...
Quand mon dentiste ramène sa fraise, je serre les fesses sur sa chaise, et quand il m’dit ouvrez bien grand, j’ai qu’une envie c’est d’foutre le camp. Y’a pas à dire c’est un calvaire, lorsque l’on on doit s’les faire refaire. Oui les ratiches quand c’est...
Sur mon grand écran plat en haute définition je regarde mourir de petits africains avec une infinie qualité de détails, des noirs profonds comme l’Afrique ou comme la misère c’est selon, des contours parfaits et des contrastes à faire baver d’envie les...
Pourquoi on aime les feuilletons… Le feuilleton nous relie à l’éternel, nous retient dans l’attente, suspendu au présent, certitude de l’immanence. L’avant et l’après n’y ont de sens qu’en rapport avec le moment. Preuve en est que si l’on manque un épisode,...
Sur le chagrin étroit de nos peaux amoureuses nous écrivons l’histoire, l’amour de la vie, le souffle de la mer, la course des étoiles sur les joues de l’enfance, et nous rêvons le sourire des lendemains chantés, la triste joie amère des certitudes calendaires...
A full yellow moon is out, pregnant like a woman with hoards of hollering signals to illuminated poets, listless listeners, breathless wind-dreamers, passers-by. Rising above the roof, only the birds will see and keep shed secrets in their steely wings,...
Blessures de l’enfance : j’avais neuf ans ou huit peut-être et fièrement j’allais, ma mère en bandoulière, sur la place grise du village noir d’une ville minière qui sentait l’œuf pourri le vendredi et le jeudi aussi, j’allais d’un pas gai, culottes courtes...
En toute franchise… J’ai du mal à saisir l’amour démesuré de la jeunesse pour un genre littéraire où bestiaires et magiciens médiévaux le disputent aux elfes, et aux gnomes des légendes celtiques. Où est passé le goût de la lecture et non des histoires,...
Prenez une voix grave, lente, chaloupée « maintenant vous pouvez regarder la radio, voir des films dans la rue…ne manquez pas le progrès… ». Mais bordel de putain de merde, je n’ai pas envie de regarder la radio, l’intérêt principal de la radio c’est...
Ce moment fugace où l’archet se soulève et, lentement suspendu, accompagne la dernière note vers le silence, tendu, exprime la vérité profonde et insaisissable de la musique, entre la persistance de la mémoire et le non-être de l’après. L’après où il...