Vive le capitalisme ! Quand je pense qu’il y a des hommes qui spéculent sur la misère, la dette, la mort de l’autre, des êtres dits humains qui n’ont d’amour pour l’humanité que ce qu’elle peut leur rapporter comme un chien de rapport, une maison de rapport,...
Je descendais vers le verger, mes pas comme guidés par un souvenir de brune, je cavalais des montagnes de soupçon, des fardeaux maquillés, des eaux je traversais l’ennui au milieu d’une apaisante solitude rythmée par le vent qui nomme les feuilles, les...
Mots cousus de soie bleue comme tes lèvres ouvertes, vocable tendu vers une aspiration, absinthe sacrée, sainte sucrée comme tes lèvres, mot donné d’une vague de corps, spasme, où la peau fibrille, nerf ou muscle tendu, image de l’autre sexe inachevé,...
"Rien de plus cher que la chanson grise Où l'Indécis au Précis se joint." P. Verlaine Parfois, c'est presque là, à deux doigts, si proche, comme une palpitation insaisissable, mais urgente, les mots poussent de partout, imprégnés de souvenirs, de lectures,...
Un sable noir chargé de cris coule dans les veines que l’on m’a attachées à l’extérieur de mon corps. Je hurle et rien ne s’entend, je pleure et rien ne coule. Les pas, le silence, les pas, la nuit. Longue et courte à la fois. Ecoulements. Le temps liquide,...
Tout d’un bloc taillée du chêne ou de l’olivier, elle caresse, effleure, lie et délie crèmes et sauces, lisse purées et mousses, parfois elle pend , au mur ou au nez des perdants, symbole elle devient, écrivaine d’histoires futiles souvent dures à avaler,...
au fil du temps compté sans voix, je suis ton heure doucereuse, remontant le cours de la vie passée à compter les ors de la souffrance, les billets doux des hivers à attendre la mort, le savoir de la vitesse, le moment de suspens de note blanche puis...
Une conne m’a dit un jour qu’il fallait un décodeur pour me lire, je prends ça comme un compliment, la boîte en question s’appelle crânienne et le réglage entre les oreilles dépend de l’orientation, du sens du vent dans les antennes perceptrices, et de...
Mes pas guidaient l’aube vers les échelons d’une bibliothèque de cailloux, empruntée au poète, le soleil lissant le grain des pages, entre les yeux luisant de porphyre qui me regardaient absorber la mort lente liquide distillée dans des veines inconnues...
Le bonheur, c’est une tranche de Bacon en pleine gueule, un DeKooning qui vous fonce dessus, le psalterion d’un Caldara, le lacrimosa du Requiem, les premières mesures de Little Wing et ses clochettes tranchantes comme une pluie d’été sur le toit. C’est...
On our backs we lay watching the clouds tell improbable tales. We smoked and laughed, a blade of grass on our lips, our laughters mingling with the wind that swept over the brook. The mountain was full, calm horizon of granite, a gigantic tomb for us...
Rousse, je la revois, comme les braises du feu de la Saint-Jean que s’amusaient à sauter des gamins en criant. Ses yeux pétillaient d’escarbilles, et la flamme de notre désir vibrait au rythme des ombres qui découpaient la nuit vosgienne. Je ne sais plus...
écart, écrire dans la marge, marcher dans le caniveau, où coule le hasard des souillures, éructation du sol au sol, retour à la terre, à la source, laisser le verbe dériver vers l'ailleurs, l'incontrôlé, sans lignes, comme les bateaux de notre enfance...
the world was born again at no time I could tell, and the ceiling projected blue shadows of lovers kissing, busy dancers flickering at no speed I could see, the screens were everywhere to muffle the sounds of the bleeding walls, and the slow movements...
je panse donc j'essuie les plaies et les plis de ma peau mal traitée, je ponce donc j'essuie le plâtre de mes murs mal gauchis, je pince donc je suis de mes doigts le replet bourrelet de ma fesse mal bottée, je pense que suis mal barré dans ce bateau...
le jour se lève et je me couche dans mon slum, j'hallucine je déshabille les mots et interpelle les agents sans papier, sans complément, on va m'enfermer dans une tour d'ivoire, histoire d'y voir clair la nuit quand je déménage dans ma tête, les cartons...
you remember the Rolling Stones 'this will be the last time'? I wish it were the first. First time to crack open the icy wonderlands of teenage, full front, no questions asked, no answers, no worries and laugh it off. First smile into the bushes of innocent...
Mon fils, comme c’est dur d’être aimé par des cons, comme disait le prophète satirique, comme c’est dur mon frère, quand tu ne crois à rien de porter la parole du rien vers l’écho médiatique du tout, de faire croire qu’exister sans croire est exister...
Bold as love, chantait le guitar hero, et je faisais la batterie derrière, déchaîné comme un malade privé de son, de sortie, d’avoine ou de picotin, j’en remettais une couche et hop guitare guigui, taré comme une balance sans poids, lancée dans une stratosphère...
étirement des corps, répétition des formes, ombres portées, allongées comme en des sarcophages, géométrie vidée de couleur, tendue vers l'inachevé, nécessité de la posture, le frère, l'ami, le plus souvent assis, le regard droit et le menton levé, fixant...
vent, terre, inventaire, dresser l'inventaire, dresser des mots comme on tresse un couronne, inventer des entrelacs, des empreintes pétries, pétrifiées, modelées sur ma chute, écrire le mouvement, la décomposition, poser l'instant comme on pose ses lèvres...
Dans le temple de la bouffoculture, j'erre les yeux grand ouverts, affamé de profondeurs et de terreurs d'homme libre. Qu'est-ce que tu vends? Appuyé sur un mur tourné vers le néon, ma bouche noire suffoque des bouffées plâtreuses comme le flanc d'une...
O father you never said words from the heart I never asked, nor looked for them you played a role, you pushed your chin high always sure, always right and I looked down, and away fearing your might On occasions I saw through the cracks but not for long...
"écrire n'est pas une fin, tout au plus une carcasse à déplacer loin du bord" J Dupin lire ou écrire, il faut choisir, quand je lis Dupin ou Bonnefoy je me sens rétrécir et pousse ma carcasse dans la marge du côté des rêveurs, en attendant que le miracle...
mouvoir, émouvoir, et voir, polir l'ivoire de chasses interdites, poursuites vaines de maux solitaires dans la savane à la recherche du cimetière des olifants, crier, écrire, amalgamer les sons dans une trompe mal polie, embouchée de misère et de mauvais...